2003 Le millésime du soleil

Dans un millésime pareil les références manquent, alors l’intuition vigneronne prend le pas sur la raison, l’observation sur la Science.

Après une floraison sous les nuages hypothéquant une partie du volume, le temps s’est mis au beau, un beau temps qui devait durer bien au delà des dernières vendanges et même du passage des premières grives.

Anticipant un été de feu, les effeuillages de Juillet se limitent au seul côté soleil levant, préservant les fruits d’une exposition solaire démesurée.

Début Août la véraison est bien avancée, sur bon nombre de terroirs, les degrés commencent à monter les acidités à descendre.

Pendant que quelques parcelles à l’enracinement fragile « suffoquent », la maturation sur les sols argileux (Les cimes du Chateau Clos Daviaud) sur les plateaux calcaire ( Manoir de Gravoux ou du Roques de Jeanlice -nouveauté Terra Burdigala 2003-) préservent la fraîcheur de nos fruits.

Fin août les baies pleines de sucres sont trompeuses : la pulpe tellement suave, déjà presque aromatique masque des tanins loin de leur optimum.

Partout le millésime est dit très précoce pourtant il faut attendre.

Un millésimes à ce point exceptionnel décuple l’angoisse des derniers jours (et si le temps changeait...).

C’est le 10 septembre que commencent les premières vendanges de Terra Burdigala. C’est à Saint-émilion suit alors Montagne Saint-émilion, puis les terroirs profonds et frais ayant dans un millésime comme celui-ci préservé les fruits de tout dessèchement en profitant au maximum de l’ensoleillement.

Les vendanges sous le soleil mettent alors en évidence ce que l’on présentait : la concentration s’est faite à la vigne, ce sera bon mais rare.

Une vinification adaptée à chaque terroir donne des vins délicats et structurés ou l’expression des terroirs se retrouve dans la fraîcheur aromatique. Fraîcheur qui sera la denrée rare du millésime 2003.